04 mai 2000 La qualité de mes défauts
Il me semble que je suis très susceptible, mon mari en témoignerait, mais je suis sensible aux autres! Je suis aussi naive à mes heures et prude, et pince-sans-rire... puis je me prend au sérieux! Trop! Aujourd'hui, le tout récent billet de Madame Hart que vous trouverez à L'agora, a remis les pendules à l'heure. Elle a le don de se tenir au-dessus de la mêlée, d'une écriture délicate étayant des réflexions bien originales. J'aspire à cette sagesse en essayant de décanter tous mes démons!
Depuis hier que je crève en auto: qu'est-ce qui m'a pris de prendre une voiture sans air climatisé, il y a deux ans... Dans six mois, je change encore... Alors là, avec toutes ces annonces de voitures dans les journaux, même moi qui ne s'y retrouve pas, je discute machine! Attention, je ne discute pas moteur, mais prix, paiement et marque! Il y a des prix que je trouve indigestes (plus que la vingtaine de mille dollars), des paiements que je trouve durs (plus de trois cent dollars par mois) et des marques qui plaisent sans éclat, d'autres qui brillent sans plaire. Mais le sujet me tanne vite, je vais encore laisser faire mon mari!
Je commence à ressentir l'effet bénéfique du ralentissement de tempo. Il me semble que je respire mieux. Une longue prestation téléphonique me perturbe toujours, mais c'est incontournable dans mon métier. Pour les face-à-face avec des clients, j'essaie de me servir de mon mari comme bouclier! Il les prend en main avec entrain, bonne humeur et succès. L'autre jour, au téléphone, l'une de mes soeurs demandait des détails sur la robe de mariée que nous avons trouvé pour ma fille, je me sentais comme manquée d'air parce qu'il fallait me lancer dans des explications.
Mon grand scout nous étonne et nous rassure beaucoup actuellement. Il a le regard clair et franc de celui qui sait où il s'en va, entre l'école, la famille et ses activités parallèles, scoutisme et aikido. Le matin, il déjeune en lisant le journal. Oui, le journal en lui-même, pas seulement les pages sportives. Quand il avait cinq ans, le matin de la première journée de la rentrée en maternelle, il vient me réveiller très tôt en traînant derrière lui le journal du matin (cette Presse qui est aussi grande que lui!): "Maman, apprends-moi à lire!" qu'il disait!
Son frère jumeau retrouve son flegme, sans la pression des séances de basketball! Mais il a le regard tranquille avec un-je-ne-sais-quoi de trouble.Je suis en train de lire "Real boys" de William Pollack, Ph.D., un livre sur la fragilité des garçons qui ont dû se réfugier très tôt dans leur enfance derrière le masque de rude masculinité. C'est tellement généralisé que l'ensemble des garçons passe pour des rudes, des durs, des garçons, quoi! C'est le fruit de toute une tradition sociétale qui les veut durs, sans coeur presque. Ne demandez plus pourquoi le taux de déficit d'attention, le décrochage scolaire, le suicide et la violence sont en hausse chez les garçons. Ah oui, ce livre est basé sur des recherches faites par la célèbre université de Harvard des États-Unis. Ici au Québec, il y a ce mythe que si les jeunes ont des problèmes de français, d'orthopédagogie et autres, c'est à cause de la complexité de la langue française, sa grammaire, ses participes passés, etc.. Mais non, les recherches étaient conduites aux États-Unis et les problèmes sont exactement les mêmes.
Mon plus jeune manoeuvre bien à l'école, entre ses cours d'appoint de français et d'anglais, son scout et son tennis de table (en plus de ses cours de tennis débutant). J'ai dû l'amener acheter quelques bermudas et pantalons. Sa taille d'adolescent s'alourdit! C'est drôle de le voir gêné, dans ses airs sérieux à la boutique où nous servait une toute jeune femme qui lui parlait un peu comme on le fait à son jeune frère, c'est-à-dire un peu rudement, un peu familièrement.
Et moi, entre ces garçons tendres et ce mari aussi Candide que voltairien, je me laisse entourer! Ce confort douillet ne tient pas du tout aux choses matérielles, mais à la permission que nous nous sommes donnés de nous toucher, de nous embrasser, de nous enlacer, bref, d'être tendre et affectueux!
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