15 janvier 2000
Mes soeurs, mes belle-soeurs et moi

Hier, nous avons amené ma fille et son copain manger chez Cora à Pointe-Claire avant de les laisser à Dorval pour leur voyage. Nous aurons pu manger mieux, à moins cher, n'importe où ailleurs. C'est la troisième fois que je vais chez Cora et je n'apprécie toujours pas le menu coloré (je suis arrivée à déchiffrer maintenant, sans plus). Cette place à Pointe-Claire offre en prime des tables cordées très serrées et de la tapisserie déchirée! Rien pour nous consoler du mauvais bacon! Enfin, mauvais décor pour un échange chaleureuse avec les jeunes avant de les laisser partir pour quelques jours. Mais les jeunes acteurs ont été compétents et les vieux (c'est moi ça!) complaisants!

Hier soir, j'étais sortie avec mes trois soeurs, malgré le froid, nous avons fini par adopter ma suggestion d'aller manger chez Movenpick à la place Ville-Marie. D'une part, chacun choisit ce qu'il veut, d'autre part, on nous y laisse la paix pour y bavarder aussi longtemps que nous voulons. Alors, mes sushis étaient très ordinaires, la bouillabaisse d'une soeur très bonne, la soupe orientale de l'autre aussi et le filet de saumon de la troisième également. Nous avons mangé sobrement (les factures n'étaient pas sobres du tout!) et bavardé jusqu'à 1h du matin, le restaurant ne fermant qu'à 2h. nous avons parlé de tout et de tout le monde, dans la famille, avec sollicitude: nos enfants, nos maris, nous-mêmes. Une soirée qui rapproche même si nous n'avons jamais été loin. Une soirée entre soeurs. Dans un mois d'ici, pour mon anniversaire, je pense faire une soirée entre frères et soeurs. Ce serait vraiment une primeur. Laisser de côté les belles-soeurs n'est pas aussi évident que laisser nos maris à la maison. Mais mes frères ont besoin plus de sortir du giron de leurs femmes que nous les filles de l'étreinte de nos maris. Par ailleurs, cette idée du rapprochement entre frères et soeurs fait partie de mes résolutions pour ce siècle. Parfois, les conjoints empêchent cette relation. Les cyniques diront que c'est la vie qui sépare, moi je dirais que c'est notre propre léthargie qui laisse s'installer les distances et puis la vie érode. Si nous installons des ponts d'échange, la vie les nourrit avec le temps. Je sais bien, dans ma famille, nous ne sommes pas si loin. Mais je veux une plus belle qualité encore de relation. Seule une de mes trois belles-soeurs est un obstacle...

Justement, je me suis raisonnée et je suis allée rendre visite à son bébé nouveau-né cet après-midi (à elle aussi par la même occasion!). Voilà l'excuse qu'elle va utiliser pour empêcher mon frère à sa future sortie entre frère et soeur! Enfin, il va falloir user de stratégie! Peut-être user de mon droit d'aînesse pour dire que c'est ça que je veux pour mon anniversaire et puis faire garder son autre enfant de quatre ans. Peut-être nous assurer que la fille de quinze ans, du premier mariage de mon frère, soit là pour aider, le temps que mon frère s'éclipserait!

Ce soir, j'ai reçu à souper la famille du frère de mon mari que nous n'avons pas vu depuis quelques mois. Échange de cadeaux tardif pour les enfants. J'ai aussi reçu quelques babioles, mon mari des gants... et j'ai tout à fait omis d'acheter des cadeaux pour la belle-soeur et le beau-frère! Il est vrai que d'habitude j'en fais toujours, et eux pas, cette année, vu que nous avons décidé d'être très sobre, nous avons coupé là. Je ne me suis pas sentie mal tout à l'heure aux échanges.

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