09 janvier 2000 Journée fond-de-tiroir
J'ai failli titrer cette chronique: journée-poubelle, mais j'ai changé, ça fait moins moche. Journée fin des congés scolaires pour les enfants, fond de patience pour moi et bouffe-poubelle encore pour le clan familial! Ce midi, ma plus jeune soeur fête l'anniversaire de son fils unique de deux ans. Constatant la grande pompe avec laquelle elle célèbre l'événement, je l'ai taquinée en lui demandant qu'est-ce qu'elle fera quand il en aura dix-huit! Le cochon de lait en broche s'étalait de tout son long au centre de la table, entouré de plusieurs autres mets plus succulents les uns que les autres. Voilà la raison de la bouffe-exagération de la famille! Mon futur gendre, à la vue du cochon, a perdu son appétit et picore son assiette comme une midinette. Moi, je mangeais pour occuper mes mains et éviter de parler avec le clan des cousines et leurs conjoints. À part un bonjour poli mais froid ou un bye du bout des lèvres, je suis en brouille... Je n'ai pas du tout envie de vous en parler, à part de vous dire que je me tiens encore aux froides salutations quand on est obligé de se croiser parce que je ne tiens pas à entraîner le reste de la famille dans la polémique, alors je n'en discute pas, même avec mes soeurs. Quant à moi, ce petit monde, j'ai bien dit, petit monde, n'existe pas plus que d'autres cousines lointaines dont je connais l'existence mais qui me sont aussi proches que le plus inconnu de mes voisins! Je suis rancunière, n'est-ce-pas?
Le seizième petit enfant de mes parents est né aujourd'hui, une petite fille. Je blaguais qu'étant donné deux anniversaires le même jour, dorénavant, le clan complet, chaque année, peut arrêter de manger trois jours d'avance et venir festoyer chez ma soeur à midi pour terminer chez mon frère en soirée!
Ma fille dit qu'elle a décidé de se marier l'année prochaine seulement. Même si ça peut encore changer, je ne vais plus vous casser les oreilles sur le sujet.
Mon basketballeur revient ce soir. Franchement je m'en balance de leurs victoires ou de leurs défaites. J'espère seulement que les petits cons ses coéquipiers n'ont pas dit des bêtises qui blessent encore mon tendre garçon. Lui qui met ses masques et ses "pads" pour se préserver mais accuse toujours les coups de langage assassin maniés par des adolescents imberbes et inconséquents.
J'essaie de me rassembler les esprits, les idées et les papiers pour demain, retour à la normale. Mes garçons aussi! Le grand scout sans les lunettes qu'il faut bien qu'il s'en passe pour l'école demain: il les a égarées quelque part aujourd'hui, chez sa tante. Le petit scout fouille partout pour mettre la main sur son portefeuille qu'il n'a pas eu besoin depuis le congé: pas de carte pour l'autobus demain! Le basketballeur débarque en ville à 22h seulement, chancelant de fatigue. Comme toujours, il dit que ça va bien mais me montre le coup de coude qu'il a reçu sur la lèvre puis s'en va parler avec son jumeau. Le nom de certains coéquipiers circule dans leurs échanges verbales, mais je n'ai pas voulu de détails, leur laissant dans leur connivence toute fraternelle.
Vous ai-je dit que j'ai vu "Sunshine" hier soir. Un long film qui nous a laissé partir trois heures plus tard. J'avais soif, j'avais chaud, j'avais mal à la tête. Les hommes ont eu besoin d'un cognac pour se replacer les idées. Moi, je cherche encore pour décider si j'aime ou je n'aime pas. Ralph Fiennes avait la même tête que dans "le patient anglais", mais j'en ai trop vu de lui, juste dans "Sunshine". Je ne veux plus le voir pour un certain temps. L'actrice principale que je ne connais toujours pas sous son vrai nom, ressemble à la ministre Pauline Marois. Bref, c'est un beau film dans les images, dans le physique des acteurs. Le discours, le message fondamental passe mais dépasse ... en trois heures, le metteur en scène en a trop mis!
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