29 septembre 1999 La mère de...
Décidément, nous sommes dans une semaine où je n'existe que pour être la mère de...: lundi soir, au collège des jumeaux, j'étais la mère de..., parent d'élèves, bénévole dans deux comités différents. Mardi soir, j'encadre les garçons dans leur devoir de morale, une prise de connaissances de soi qu'ils ont exécuté très sérieusement, pour leurs 13 printemps. L'un d'eux, le basketballeur, a même fait un poème dans lequel il parle de son idéal de vie. Imaginez qu'à 13 ans, il aspire à ne pas mourir avant de fonder une famille (avec un gars et une grande fille"), d'être un bon père dans les "grosses pentes", de "mourir tout calmement quand ses petits-fils auront neuf ans, sans faire de peine à ses enfants"!! Ah oui, en plus, peu importe le métier qu'il fera... Ça me renverse! d'une part, c'est si pacifique et si sage. D'autre part, ça me chatouille quand même parce que c'est tellement LA norme. Du moins, en tant que parents, il semble que nous avons réussi à transmettre les valeurs universelles, le courant de la vie. Vous me voyez!... devant la perspective de trois générations plus tard, à peu près dans un demi-siècle d'ici. Moi qui pensais parfois à lui et peut-être à ses enfants, lui parlait déjà des enfants de ses enfants! Est-ce que vous trouverez cela inquiétant?
Mercredi soir, ce soir donc, nous étions à la rencontre des parents à l'école du plus jeune, une école publique assez bien cotée. Quoique nous ayons eu très bonne impression sur les enseignants et la direction, mais quel montagne de différence entre les deux écoles dans le climat, le ton, la façon de faire... et la somme de devoirs, donc des attentes face aux jeunes. Oui, on parle de responsabilisation, d'autonomie, d'encadrement dans les deux écoles, mais dans le fond, au collège privé, cela va de soi, alors qu'à l'école publique, c'était "... nous tentons de leur transmettre ces valeurs", donc, ça sous-entend qu'ils ne l'ont pas, pour certains on réussira, pour d'autres, c'est comme un voeu pieux. Dans la première école, cela va de soi que les parents ont lu les communications, dans la seconde, on materne les parents aussi. Dans la première, en assemblée, on répond aux vraies questions, dans l'autre, on y répond sans trop répondre parce que l'agenda est chargé, on veut respecter l'horaire. Ça paraît dans les yeux du modérateur. Pour quelqu'un comme moi qui est dans le service, la différence est marquante, dans la première, les parents sont des clients, dans l'autre, on y fait le train, jour après jour, année après année, les parents et les élèves passent, l'école et le système demeure!
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