23 septembre 1999 Je reviens de loin!
En surface tout est normal, la maisonnée avance... Sous la surface, quelques court-circuits mineurs font courir quelques flammèches anodines... Un jour, les plombs sautent... La panne de courant (de communication!) commence... Sur le coup, c'est la récréation ou presque. Répit, repos et distraction. On se marre presque d'avoir la paix pour faire ses petites affaires, chacun pour soi. Et l'on se leurre sur les origines de la panne: fatigue, enfants, parents, mangeons-trop, mangeons-pas-assez, bougeons-trop, bougeons-pas-assez, il faudrait, on devrait, etc... Tout d'un coup, un jour de pluie,... on commence à trouver la panne moins drôle. Un autre jour de pluie... et on ne la trouve plus drôle du tout. Du coup, on se réveille: Qu'est-ce que t'as? Qu'est-ce que j'ai?... Allons prendre un café!... Non, on n'a pas fini de parler!... Pourquoi?... Je veux... Tu dois... Non, non, on n'a pas fini de régler la panne... Ah, on a une panne?.. oui! non!.. si, mais... oui, mais... non, mais... Alors là, on n'est plus d'accord du tout!.. Au fait, cette panne, elle est arrivée depuis quand?.. Au moins, on est d'accord sur une chose: on est d'accord qu'on n'est pas d'accord sur le moment, l'incident, le fait qui marque le début de la panne... Et puis, zut!... maintenant qu'elle est là, on s'en fout du commencement de la fin... Est-ce le commencement de la fin?... La fin de quoi?... Le commencement de quoi?... Tellement conditionnés par notre société plus prophète de la fin, plus amateur de couchers de soleil dramatiques, que porteur des cloches célébrant le lever du jour chargé d'espoirs rayonnants, nous avons anticipé la fin, c'est- à-dire, la possibilité qu'on ne rétabliera pas du tout le courant! "Anticiper"... voilà la grande manifestation du primate intelligent... Anticiper selon les conditionnements reçus c'est-à-dire anticiper la tombée de la nuit, le retour aux ténèbres. Au lieu d'anticiper la fin d'un pénombre, du voile de la nuit qui se déchire, de la panne qui passe... pour accueillir... la rosée, le petit matin frisquet mais jouissif, la journée devant soi pleine de promesses. Et cinquante pour cent des chances que le prochain jour sera meilleur que le précédent... Bref, quelques inondations (de larmes!) plus tard, le duel verbal s'arrêta net, faute de combattants. Séisme et tremblement de terre, encore une fois, se sont passés chez les autres. En somme, par de faux prétextes, il y a eu discussion sur la possibilité du pire des cas.... pour se rendre compte que l'on parle pour rien, que la fondation solide est toujours là... Non seulement pour la famille mais aussi pour l'un, pour l'autre et aussi à deux. Et puis, le fait d'entrevoir le pire possible aide à consolider le présent avec ses imperfections, si grosses quand on a le nez dessus, mais combien anodines quand on se donne le temps de tout recalibrer. Je rejoins l'Incrédule dans ses écrits du 21 septembre finalement. Il est vrai qu'on s'aime pour nos différences... mais aussi nos ressemblances!
Morale de l'histoire: Comme pour la santé d'une plante, ou d'un arbre (vingt ans de mariage après deux ans de cohabitation - c'est plus un jeune arbre qu'une plante!), travailler la terre, secouer ses racines et l'irriguer (de larmes ;)!)- rien de mieux pour donner un nouvel élan à sa progression. On dirait qu'il s'en est sorti grandi après la tempête... qui est sûrement une tempête... dans un verre d'eau! Quoique non, finalement, elle a sa raison d'être: elle replace le couple au coeur de toute société, à commencer par la cellule familiale. La famille ne peut grandir tout à fait sainement si le couple n'existe que pour la famille. Par contre, le couple harmonieux (non, plus que harmonieux, résolument aimant!) nourrit une famille aimante et se retrouvera un jour, face à face, les enfants partis, aussi aimant l'un et l'autre.
Ah, voilà! j'ai trouvé: après quelques incidents mineurs, la tempête a pris naissance quand on se posait la question si l'on pense être "réellement" encore ensemble ou on vivrait dans le fond en "parallèle", un jour, quand les enfants ne seront plus là! Une question bien traître qui aboutit à quelque chose du genre: "si c'est comme ça, la vraie question est de savoir si nous allons y mettre de quoi pour corriger le tir qui aboutira dans cinq ou dix ans..., ou nous allons régler ça tout de suite." Une vraie boîte de Pandorre que nous avons ouverte et refermer en moins de vingt-quatre heures, les plus difficiles que j'ai jamais vécues depuis vingt-deux ans... Ouf! la boîte est refermée, les racines sont plus vigoureuses que jamais. En prime, on redécouvre la courtoisie, l'attitude attentionnée que tant de couples délaissent.... Un nouveau printemps s'annonce... (mais on ne fera pas d'autre bébé, c'est promis! ;))
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